La mobilisation à Laval en août 14 (1)

 

En Allemagne comme en France, l'essentiel de la mobilisation se met en place le 2 août 1914. Mais anticipant les événements, l'Allemagne avait dès le 21 juillet, fait procéder à des mesures de prémobilisation lui offrant un coup d'avance sur son ennemi français. La manœuvre vers le Luxembourg avait ainsi pu se dérouler sans accrocs dès le 1er août.

 

A Laval, l'ordre officiel de la mobilisation générale est parvenu à la préfecture le samedi 1er août à 16h35. Sans attendre, le premier avis de mobilisation est écrit à la main, sur un petit carré de papier blanc, et affiché dès 16h45 sur la porte d'entrée du bureau central des postes, en haut du petit escalier y accédant.

Ce sont ensuite des roulements de tambours sans discontinuer dans les rues de la ville pour annoncer la « générale » dans une ambiance de fête et de patriotisme survolté, avant même que ne soient apposées les affiches officielles de l'Imprimerie Nationale.

La mobilisation n'a surpris personne. Le jour même, les territoriaux affectés à la garde des voies ferrées comme GVC avaient reçu leur convocations individuelles dans la plus grande transparence.

Le soir, la retraite habituelle de la musique du 124e régiment d'infanterie donna lieu à une gigantesque communion patriotique. La foule scanda la Marseillaise et la Marche Lorraine entrecoupées de vivats lancés par des milliers de poitrines. L'excitation était à son comble.

 

Au cœur de cette fièvre patriotique collective, des débordements étaient inévitables. Plusieurs centaines de manifestants se rendirent chez un industriel habitant 9 rue de Nantes, soupçonné d'avoir attenté aux voies ferrées du viaduc. Aucune action de destruction n'avaient pourtant eu lieu. Seulement les protagonistes avaient le malheur de porter des noms à consonances germaniques : Henri Backess, directeur de la brasserie et malterie de Laval et son contremaître, Charles Bircké. Tous deux étaient Alsaciens. Il n'en fallu pas plus pour échauffer les esprits. La foule les conspua violemment.

Il fallu attendre le lundi matin pour que soit placardée une affiche tricolore appelant au plus grand calme :

 

« Avis au public.

Contrairement aux bruits malveillants qui ont cours, il est parfaitement reconnu que M. Backess Henri est Français, fils de Français, étant né le 17 avril 1869 à Artemare, département de l'Ain et qu'il est électeur à Laval.

Il est en outre absolument établi qu'il n'est pour rien dans les curiosités dont le viaduc à été l'objet de la part de gens inconnus.

L'enquête à laquelle il a été procédé le met absolument hors de cause, ainsi du reste que contremaître Alsacien qu'il a employé quelques mois, en faveur duquel les preuves d'innocence les plus concluantes ont été relevées.

Vive la France ».

 

 

Sources :

 

- Laval-Républicain, 6 août 1914.

- L'Echo de la Mayenne, 1er août 1914.

 

 



18/11/2012
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