Le capitaine Olivier Le Jariel

 

 

 

 

Né le 14 avril 1874 à Saint-Hilaire-des-Landes. Fils de Marie Joseph, propriétaire, et de Laure Joséphine Viriot. Elève au Collège Saint François-Xavier de Vannes (1889 – 1891).

Engagé volontaire au 71e de ligne le 26 avril 1892. Rengagé comme caporal au 6e régiment d'infanterie de marine. Sergent le 5 octobre 1895. Passe au régiment de tirailleurs soudanais.

Réintègre le 6e régiment d'infanterie de marine en 1897. Passe au 2e régiment d'infanterie de marine en 1898. Se distingue dans plusieurs combats au cours de la mission du Mossi au Soudan français en 1896. Il est notamment blessé deux fois le 12 novembre 1896 au combat de Pillé dont une flèche empoisonnée dans la cuisse droite. Il est atteint plus gravement à l'attaque du Tata d'Ouellé en août 1897 et malgré sa blessure reste à la tête de ses hommes.

Admis à l'Ecole Militaire d'Infanterie le 19 avril 1900. Il est affecté comme sous-lieutenant au 3e RIC le 1er avril 1901. Il passe alors dans divers régiments coloniaux dont le 2e tirailleurs sénégalais et le 4e RIC.

Il se marie le 29 juillet 1905 avec Claire Marie Gabrielle du Pan, fille du général de brigade d'artillerie de marine Louis Gabriel Marcellin.

Promu capitaine le 23 décembre 1913, il intègre le 3e régiment de tirailleurs Tonkinois le 6 février 1914 et occupe les fonctions d'adjudant major au 1er bataillon en poste à Phu Lang Thuong. Puis il est détaché auprès du général commandant la 2e brigade à Bac Ninh.

Il réussit à faire avancer son rapatriement de huit mois pour prendre part à la guerre. Il embarque le 1er septembre 1914 et est affecté au 6e bataillon d'infanterie colonial du Maroc du 1er RIC en qualité de capitaine adjudant-major.

Olivier Le Jariel écrit le 3 novembre 1914 :« Je suis très heureux et pars en très bonne forme, car avec l’aide de Dieu, j’espère entrer rapidement en pleine action ».

 

Le 6e BCM rejoint le 1er RIC le 27 novembre 1914 à Cuvilly et Orvillers. Le lendemain il note : « Nous avons vécu dans les tranchées à 80 ou 200 mètres des Boches et bien que j’aie entendu beaucoup de balles siffler à mes oreilles, je n’ai jamais eu comme émotion que le sentiment de pitié pour nos braves marsouins qui ont été tués ou blessés, sans pouvoir se défendre ». Le 3 décembre il intime à son épouse : « Soyez calme et tranquille, car Dieu est avec nous et il nous protègera ».

 

Le 7 décembre 1914, le régiment relève le régiment de tirailleurs algériens dans le secteur de Plessier de Roye. Les tranchées ennemies sont à peine à 300m des positions françaises. Le 13 décembre c'est la relève. Le 1er RIC reçoit l'ordre de faire mouvement sur Morlancourt à la disposition de la 53e division de réserve.

Le 17 décembre 1914, le régiment quitte Morlancourt pour aller occuper ses positions sur la route de Bray-sur-Somme. Olivier Le Jariel écrit à la hate à Claire: « Vivez à présent dans l’espérance ! ».

 

 

 

 

 Fond de carte SHD Terre 26 N 868

 

 

 

A 15h00, ordre est donné aux 2e et 4e compagnies du 6e BICM de se porter sur le Village de Mametz sous le commandement du capitaine Huntziger. Partant des tranchées de la côte 110, elles doivent enlever d'abord la halte et le cimetière. Prises de flanc par des mitrailleuses, les deux compagnies stoppent à 300 m de leurs positions de départ. Aucun mouvement n'est alors plus possible. A 16h30 la nuit commence à tomber. Vers 18h00 on donne l'ordre de repli pour rétablir la ligne et les hommes sont contraints de passer la nuit sur terrain.

 

 

 

 

 

 

Le lendemain, 18 décembre 1914, les deux autres compagnies du bataillon (1ere et 3e) doivent attaquer à leur tour en prenant le même objectif que leurs camarades des 2e et 4e cies. Elles se mettent en place à 4h15.

La 1ere cie (capitaine Guérini) s'élance de la tranchée Moy à 8h05. Le mouvement s'exécute au sifflet. Le capitaine Cellier, commandant le 6e BICM, et le capitaine Le Jariel rejoignent Guérini dans le ravin de droite.

 

 

 

 

 

 

 

A ce moment, le ravin devient un enfer. Les hommes sont fauchés par des feux de front et de flanc. Chacun se terre au sol, essayant de creuser un abri. Le capitaine Le Jariel s'élance alors vers un autre bosquet d'arbres et est frappé en pleine course.

La situation est vite incontrôlable. Pris d'enfilade à gauche et de front, bombardés par les obus, les hommes tombent par groupe.

Le capitaine Cellier, est tué vers 10h00 alors qu'il essaie de se faire une idée de la situation. Toute offensive est impossible et les survivants essayent de regagner les lignes en rampant.

A 18h00, le capitaine Guérini, désormais commandant du 6e BICM, reçoit l'ordre de porter ce qui lui reste d'hommes à la côte 71. Le mouvement se termine vers minuit.

 

 

 

  

Fond de carte SHD Terre 26 N 868 

 

 

 

Le corps du capitaine Olivier Le Jariel ne fut retrouvé que le 25 février 1915 par des hommes du 205e RI qui dressèrent le procès verbal de constatation.

 

Il sera cité à l'ordre de l'Armée en date du 7 février 1915 : « Est tombé frappé mortellement, au milieu du combat, après avoir rassemblé un groupe d’hommes qu’il avait entraîné en avant, par son exemple ».

 

Chevalier de la Légion d’honneur , Médaille Militaire, Croix de guerre, Médaille Coloniale agrafe Sénégal, Soudan et A.O.F, Chevalier de l’Étoile Noire de Porto-Novo.

 

Son corps repose aujourd'hui à l'Ossuaire National « Bray-sur-Somme », tombe N°331.

 

 

 

 

 

 

Merci à Michel Martin pour le cliché de la sépulture du capitaine Le Jariel.

 

 

 

Sources :

 

  • Colonel Bernard Sonneck, Les décorés de la Légion d'Honneur de la Mayenne, T3 1873-1914, éditions régionales de l'Ouest 2010.

  • JMO du RICM SHD Terre 26 N 868

  • Le Collège Saint François-Xavier de Vannes au champ d'honneur (1914-1918) » - Gabriel Beauchesne éditeur - MCMXXIII



11/12/2011
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