Soldat de 1er Classe Emmanuel Georges François Rouiller (1889-1983)

 

 

M. Jean-Claude Piffret, petit-fils d'Emmanuel Rouiller, nous a aimablement ouvert les archives familiales pour nous dresser le portrait de son grand-père. Qu'il en soit içi chaleureusement remercié.

 

Il va de soit que ces documents et photos sont la propriété exclusive de la famille Rouiller/Piffret.

 

 

 

 

Né le 2 décembre 1889, à Laigné, arrondissement de Château-Gontier (Mayenne), Emmanuel Georges François est l’unique enfant d’Emmanuel Jean Rouiller son père, marchand de nouveautés, et de Marie Anna David sa mère, qui décédera le 15 août 1892, alors qu’il a à peine trois ans. Son père épouse en seconde noce Marie Joséphine Julienne Menager, de cette union naît un fils, son frère, Marcel Edouard Raphaël en 1895, qui sera porté disparu le 26 septembre 1915 à Souain pendant l’offensive de Champagne. Son père et sa belle-mère décéderont tous deux en septembre et octobre 1918 de la grippe espagnole.

 

Mayennais de souche, son grand-père Emmanuel Jean Rouiller, né à Cuillé en 1833, est aubergiste et sa grand-mère Jeanne Marie Françoise Trovalet, née à Senonnes en 1838, est épicière, tous deux tenant commerces à Laigné. Son grand-père, pendant son service militaire au 11e régiment d’infanterie, participe aux campagnes de Crimée et d’Italie.

 

Emmanuel Georges François fait son apprentissage de peintre décorateur dans l’entreprise de peinture Louis Morillon à Château-Gontier. Puis de 1908 à 1910, accomplit son Tour de France comme Compagnon et passe, le 16 février 1909 son Conseil de révision à Draguignan (Var)

 

Service militaire

 

 

 

16 février 1909 – Classe 1909, convocation du Conseil de révision, Draguignan (Var)

 

 

 

 

 

 Fin 1910 – Emmanuel Rouiller, jeune recrue.

 

 

 

24 août 1912 – Certificat de bonne conduite d’Emmanuel Rouiller.

 

 

 

Emmanuel Georges François Rouiller rentre au pays en septembre 1910 et le 5 octobre, il est incorporé à la 8e compagnie du 130e régiment d’infanterie de Mayenne, pour effectuer son Service militaire. Ses classes faites, il obtient son brevet de Prévôt d’escrime et donne par la suite des leçons aux gradés du régiment. Il fait aussi partie de la musique et participe comme acteur à des séances récréatives organisées par le 130e. Le 8 février 1911, il est nommé soldat de 1er classe.

 

 

 

 

Fin 1910 – La 8e compagnie du 130e régiment d’infanterie.

 

 

 

16 novembre 1910 – La corvée de patates à la caserne Mayran en la ville de Mayenne.

 

 

 

19 décembre 1910 – Séance récréative, la revue « Tout en Rose », caserne Mayran.

 

 

 

 

1911 – Bref séjour de 10 jours à l’hôpital de Mayenne pour une angine.

 

 

 

 

1911 – Avec les « bleus » du 130e RI.

 

 

 

 

10 avril 1911 – Séance récréative, « Chante clair », caserne Mayran.

 

 

             

 

Etat nominatif des gradés devant prendre des leçons d’escrime, du 6 au 13 mai 1912.

Au dos, dessin du Prévôt d’escrime, Emmanuel Rouiller.

 

 

 

1912 – Emmanuel Rouiller Prévôt d’escrime –

 

 

 

 

La leçon d’escrime aux gradés du 130e RI.

 

 

 

Le 28 septembre 1912, Emmanuel Rouiller retourne à la vie civile. Il reprend son activité de peintre en lettres et décorateur chez Louis Morillon à Château-Gontier et épouse, à Saint Laurent des Mortiers (Mayenne), le 25 novembre 1913 Marguerite Geneviève David, couturière et fille d’agriculteur, domiciliée dans cette commune.

 

 

 

Le 2 août 1914, c’est la mobilisation générale, le 4, Emmanuel Rouiller rejoint son corps, le 130e régiment d’infanterie et est affecté comme téléphoniste de 1er classe à la 8e compagnie du 2e bataillon. Le 5, il part sur le front et le 10, c’est la bataille de Mangiennes, le premier combat de la Grande Guerre sur le sol de France, où il reçoit son baptême du feu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De sa Guerre, notre grand-père en parlait peu, si ce n’est quelques rares anecdotes racontées lors des réunions familiales. Nous ne connaissions donc presque rien de ses années passées au front, jusqu’en 2005, où nous avons découvert son carnet manuscrit retraçant ses deux premières années de guerre, du 4 août 1914 au 2 juillet 1915, l’Historique du 130e qu’il avait dédicacé, une trentaine de photos et quelques objets personnels.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce carnet est une histoire parmi tant d’autres … Il est le témoignage immortel, pour les générations présentes et futures, de ce que fut la Grande Guerre et le sacrifice de nos aïeux. Ce récit anecdotique est parfois loin d’être celui d’une guerre, en racontant, les joies des rencontres avec des amis servants dans d’autres régiments ou avec un oncle, les fêtes religieuses passées au front et les instants de bien être vécus lors des haltes ou cantonnements

 

Carnet - 1914-1915

 

Batailles d’août à décembre 1914

Mangiennes 10 août – Virton (Belgique) 22 août

Morienval 14 septembre – Moulin-sous-Touvent 16 septembre

Réthonvillers 23 septembre

 

Le lendemain occupation de tranchées à droite du pays, le soir repli et 6 jours de suite occupation de tranchées devant Carrépuit à 2 kilomètres. de Roye.

Repli à Erches, ensuite le lendemain Rouvroy-en-Santerre, le Quesnoy-en-Santerre, Fouquescourt, tout cela en 5 jours, ensuite repli encore et occupation d’Erches, tranchées devant ce pays, nous progressons petit à petit …

 

Bataille d’Andechy – 4 novembre1914.

 

L’attaque d’abord fixée à 8 heures, est reportée à 10h45 en raison du brouillard. Le 2e bataillon se met à hauteur du 1er et tous deux se portent en avant. Aussitôt de nombreuses batteries ennemies de tous calibres, dirigent simultanément un feu extrêmement violent et précis. Malgré les rafales, malgré les pertes, les bataillons progressent sur 300 mètres. C’est à ce moment que se déclenchent des feux de mousqueterie et de mitrailleuses sur les deux côtés de l’attaque française. Les bataillons se terrer d’abord, puis ils tentent d’avancer en rampant

Même le commandant Manet (2e bataillon), tenace, veux essayer de charger à la baïonnette, mais il doit s’arrêter à 400 mètres du village, son bataillon étant décimé. Cette journée a coûté au 130e, 678 hommes tués, blessés ou disparus …

 

Par deux fois, pendant la charge à la baïonnette, Emmanuel Rouiller, aurait pu être le 679e homme, … Une balle allemande traverse son havresac et un carnet se trouvant dans celui-ci, pour terminer sa course dans les plis de son scapulaire et un scrapnel d’un obus de 77 perfore sa gamelle fixée sur le dessus de son havresac, derrière sa tête.

 

 

 

 

 

 

 

 

Vers la fin du mois dans la nuit tranchées faites de 100 à 200 m. en avant d’Andechy.

Occupation de ce terrain jusqu’au 29 décembre.

29 décembre sorti des tranchées devant Andechy – Guerbigny – Erches, passé par Mondidier, cantonné à Royaucourt (Oise)

Le 30 départ à 11 heures pour Maignelay (embarquement) Débarquement à Châlons-sur-Marne vers 10h du matin le 31. Grande halte à la sortie de Châlons. Arrivée La Cheppe (Marne)

 

Janvier 1915

Nous sommes restés jusqu’à la moitié du mois de janvier. Après changement de cantonnement avec la 7ème Division à St Hilaire-au-Temple, pendant ce séjour dans ce patelin je passe à l’équipe téléphonique section H.R. à la fin du mois à Dampierre.

 

Février 1915

Départ le 6 février pour changer de cantonnement, encore, avec cette fois-ci le 117e et le 115e (le 124e nous suit toujours) à Courtisols. Dans ce nouveau pays j’ai le bonheur de voir mon oncle et de passer une bonne partie du dimanche 7 avec lui.

Départ de Courtisols le 12. Marche sous la neige, arrivée à la ferme de Frémont (direction Suippes), cantonnés le soir dans le bois. Le lendemain 13, l’équipe téléphoniste reste, nous venons cantonner dans la ferme de Frémont (grande belle ferme des haras de l’état)

Le 16 départ pour venir à Suippes, position dans les bois entre Suippes et Perthes, dans la nuit ont revient à Suippes cantonner.

Le 17 on reste dans le cantonnement, le soir départ pour aller cantonner à Suippes, toujours près de la gare (belle petite villa vue le papier de ma chambre)

Le 18 départ, occupation des tranchées par les compagnies près de Perthes (attaques sur attaques cela donne dur), 18 – 19 – 20 – 21 même endroit, nous cantonnons à la maison forestière (l’équipe téléphonique), bombardements près de la ferme.

Cantonnement en arrière le 22. Le 23 le 130e quitte les tranchées (côte 204 – brigade) et vient au repos à La Cheppe (Marne) 16 km en arrière. 24 repos.

25 départ pour revenir dans les tranchées quittées 2 jours avant, même endroit. 26 – 27 – 28 février / mars 2 – 3.

 

 

 

 

 

Sergent Armand Collet, 324e régiment d’infanterie, 24e compagnie.

A son ami Emmanuel Rouiller, en souvenir de la campagne 1914-1915 (photo prise au bois de Fosses, Marne)

 

 

 

 

Campagne 1914-1915 – L’équipe des téléphonistes du 130e, en souvenir de P. Labonde.

 

Mars 1915

Le 4 mars départ pour venir au repos à La Cheppe.

Départ le 10 pour venir cantonner dans un bois appelé « côte 152 – division », en arrière un peu du front, à la hauteur du pays appelé Somme-Suippes. Reste à cet emplacement les 10 – 11 – 12 – 13.

Départ le 14 pour venir à la « côte 204 - brigade » Le 130e occupe les tranchées 1 jour seulement.

Départ le 16 pour venir au repos à La Cheppe. Reste au repos à La Cheppe jusqu’au 21 Passé le dimanche de la Passion à La Cheppe et fait mes Pâques. Vu les deux Desaitres et Leyeux plusieurs fois pendant ce repos.

Parti de La Cheppe le 22 à 2 heures du matin pour venir au Petit Mourmelon (Marne), changement de secteur. Reste au repos dans ce pays le 23 et le 24.

Le 24 à 5 heures du soir, occupation des tranchées qui se trouvent à moins de 7 ou 8 kilomètres en avant. Mon atelier prend le service dans un poste dans Mourmelon même, nous sommes très bien.

Dimanche des Rameaux je vais à la Grand-messe, à la bénédiction et à la procession au cimetière, un soldat fait un discours sur les tombes des soldats enterrés dans ce cimetière. Remarqué dans ce pays, offices et fêtes à l’église sont faites comme si nous étions à 20 kilomètres en arrière.

 

Avril 1915

Je fais mes Pâques le jeudi Saint à la messe de 7 heures. Je retourne l’après-midi à l’église pour assister au chant du Stabat-Mater et au sermon sur la Passion.

Vendredi Saint je vais l’après-midi à l’église pour adorer la croix.

Dimanche de Pâques je vais à la Grand-messe militaire à 9 heures 30. Un prêtre (infirmier) fait un sermon magnifique, il parle très bien. L’après-midi je ne peux aller aux vêpres, mais je retourne à l’église un petit moment vers 4 heures.

Voilà comment j’ai passé mes fêtes de Pâques 1915. Belles fêtes qui sont gravées à jamais dans ma mémoire vu les tristes jours que nous traversons.

Mon oncle est en ce moment tout près de Mourmelon, j’ai eu encore le bonheur de le voir le soir, il était 6 heures du jeudi Saint.

Depuis que nous sommes (mon atelier toujours) à Mourmelon, toujours très bien, je fais le cuisinier, nous mangeons avec les bonnes gens propriétaires de la maison, à table avec eux souvent dans la salle à manger dans des assiettes, cela semble bon depuis que nous mangeons dans nos gamelles. En un mot, je n’ai jamais été si bien.

24 avril, toujours au même poste.

Le 18 avril, j’ai eu la visite de mon camarade Rousseau, nous avons été ensemble à Vaudemanges (petit pays en arrière à 6 kilomètres) voir Boivin. Charmante journée passée ensemble tous les trois. L’après-midi promenade à bicyclette à Trépail, petit pays à 4 kilomètres. Visite à la montagne de Reims où est placé l’observatoire découvrant les tranchées allemandes (vu magnifique), observatoire placé pour régler les tirs d’artillerie. Nous sommes montés tous les trois à l’échelle placée dans un arbre. Visite aussi à Trépail d’un chef-d’œuvre fait par un habitant du pays, sculpture dans un morceau de pierre blanche de la cathédrale de Reims. Avant de ce quitter, nous avons eu le plaisir de nous faire photographier tous les trois sur le bord du canal de l’Aisne à la Marne.

Le 25 avril, j’ai eu la visite de mon oncle ainsi que des deux Desaitres, nous passons une charmante après-midi à Mourmelon.

 

 

 

 

18 avril 1915 – Sur les bords du canal de l’Aisne à la Meuse.

De gauche à droite, Rousseau, Boivin et Rouiller.

 

 

 

 

 

Campagne 1914-1915 – Souvenir de mon camarade Rousseau

(1er rang à droite) du 4e régiment d’infanterie.

 

Mai 1915

Le 2 mai Michaut téléphoniste est rappelé à Paris comme ancien sapeur-pompier, un bon camarade que je regrette beaucoup.

Le 3 mai, nous changeons notre poste, nous le transportons à la Poste.

Le 6, j’ai l’heureuse surprise de voir Ménard du 104e.

Le 9, j’ai la visite de ce cher Rousseau et de Charnier, nous passons encore une agréable journée ensemble.

Le 13, jour de l’Ascension, je vais à la messe à 6 heures 30 comme je fais tous les dimanches depuis que je suis à Mourmelon. Je m’approche de la Sainte Table à l’occasion de cette belle fête.

Le 16, fête de la bienheureuse Jeanne d’Arc, j’en fais autant, ainsi que le dimanche suivant, le 23, fête de la Pentecôte. A toutes ces fêtes là, je suis retourné à la grand-messe militaire à 9 heures 30, où il y a toujours de bien joli sermon. C’est l’aumônier du 317e qui fait office de curé de la paroisse, car le curé de Mourmelon est mobilisé.

Le 16, j’ai la visite de plusieurs camarade, Rousseau, les deux Desaitres et Ménard, nous passons une agréable après-midi.

Le 23, J’ai la visite de mon oncle, encore une charmante après-midi passée à la campagne.

La fin de mai se passe, rien à signaler de particulier.

 

 

 

 

 

 

1915-1916 – Photos prises dans les tranchées,

le petit poulet pour améliorer l’ordinaire...

 

 

 

 

 

... et l’instant de repos.

 

 

Juin 1915

Dimanche 6 juin, fête de la Fête Dieu et procession du Saint Sacrement. Ces processions étaient supprimées dans ce pays avant la guerre, elles sont rétablies. La procession à lieu l’après-midi, après les vêpres, c’est l’aumônier du 130e qui officie. Vers 3 heures, je peux m’absenter un peu et je suis le très Saint Sacrement, j’assiste à la bénédiction des tranchées et à la bénédiction d’un des reposoirs. Il y a deux reposoirs, ils sont très bien malgré la courte organisation qu’il y a eu. En résumé, belle procession par un temps splendide, charmante journée.

Le vendredi 11, fête du Sacré-Cœur, je vais à la messe le matin et je m’approche de la Sainte Table en l’honneur de cette belle fête.

Samedi soir, 5 heures, nous apprenons que nous changeons de secteur et que le 101e d’infanterie va nous remplacer. Nous allons donc être obligés de quitter Mourmelon que nous habitons depuis 2 mois 1/2. Ce n’est pas sans une certaine émotion que nous apprenons cette nouvelle car nous allons regretter notre ancien poste. Le soir, nous préparons nos malles, nous couchons encore à Mourmelon. Je regrette ce départ car j’avais souvent la visite de mon oncle et de camarades, mais il faut partir (c’est la guerre)

Dimanche matin 13 à 9 heures 30, nous quittons ce pays non sans avoir fait tous nos adieux. Nous allons à Sept Saulx (petit pays à 5 kilomètres) rejoindre le régiment et l’équipe téléphonique. Nous restons la journée dans ce patelin.

Le soir à 6 heures 30 nous partons huit et un caporal avec le 3e bataillon pour prendre position dans les tranchées. Nous arrivons à minuit, je suis dans un poste de tranchée en 1er ligne. Nous ne sommes pas trop mal, dans une cahute creusée à 3 mètres sous terre.

Nous sommes trois par poste, nous n’allons pas au repas, nous ne quittons jamais ce réduit souterrain sauf pour se promener un peu dans les boyaux visiter la ligne ou on va se promener au poste du commandant ou du colonel.

Nous avons cependant le droit, avec une permission de notre lieutenant, sous la conduite d’un caporal, à aller se promener à Sept Saulx. Je n’y suis encore pas allé, c’est trop loin, je pense pas y aller encore tout de suite.

Nous avons aménagé notre cahute assez bien (c’est moi qui ai eu la préférence pour ce travail), nous avons pas mal de paille comme lit. Enfin en un mot, nous ne sommes pas trop mal, mais cela ne vaut pas tout de même le pays de Mourmelon. Là nous avons eu le bon poste, c’est juste que nous sommes maintenant en tranchée.

Le secteur que le régiment occupe, comme toute cette contrée, est très tranquille, quelques coups de canon dans la journée et c’est tout.

Nous ne sommes pas très loin de l’endroit que le régiment occupait auparavant, nous avons simplement appuyé 5 ou 6 kilomètres plus à gauche, en revenant sur Reims. L’autre secteur se trouvait entre Baconnes et Prosnes, nous sommes maintenant à gauche de Prosnes (assez loin)

 

 

 

 

 

1916 – L’équipe de la roulante de la 8e compagnie du 2e bataillon, 130e RI.

 

 

 

 

 

Le secteur que nous occupons maintenant n’est pas si bien paraît-il que l’autre (je le sais par des camarades, car je n’y suis jamais allé)

Il y a eu un changement dans les divisions, dans les brigades, voilà pourquoi nous sommes partis de l’ancien secteur. Le 124e avec qui nous faisions brigade marche maintenant avec le 101e et nous, le 130e, avec le 317e. C’est assez drôle mais il ne faut pas chercher à comprendre (c’est militaire)

Les pays qui se trouvent en arrière sont Sept Saulx et Thuizy.

 

Juillet 1915

Jusqu’au 1er juillet journées très calmes.

Le 2 juillet vers 16 heures, bombardements gros calibre (150 paraît-il), aucun dégât …

 

Le récit s’arrête à cette date, mais la guerre continue pour Emmanuel Rouiller …

Dans le courant de 1915, il est muté à la roulante de la 8e compagnie du 2e bataillon et termine la guerre à ce poste.

 

Offensive de Champagne, septembre 1915

 

Ils sont trois de la même famille à participer à cette offensive le 26 septembre 1915. Emmanuel Rouiller du 130e RI, son frère Marcel du 54e RI et son beau-frère Francisque David du 150e RI.

Les trois régiments sont engagés le 26 septembre dans le même secteur, délimité par la vallée de Py, la Ferme Navarin, Souain et l’Epine de Védegrange. Seulement 2 à 3 kilomètres séparent chaque régiment, le 130e est au centre, le 150e à sa gauche et le 54e à sa droite. Coïncidence ou fatalité, les deux frères et le beau-frère se retrouvent presque côte à côte dans cette offensive. Des trois, seul Emmanuel Rouiller en revient, son frère Marcel est porté disparu à Souain et son beau-frère Francisque David décéde le 3 octobre, à Rony (Marne), des suites de ses blessures.

Cette triste anecdote est certainement celle que notre grand-père nous a le plus raconté, en terminant par cette phrase « c’est peut-être mon frère qui repose sous l’Arc de Triomphe ? »

 

 

 

 

 

17 octobre 1916 – Visite d’Emmanuel Rouiller à des amis du 44e régiment d’artillerie.

 

 

 

 

Entrée d’une sape, secteur de Beausejour, 4e batterie du 44e d’artillerie.

 

 

 

 

 

1916 – Emmanuel Rouiller.

 

 

 

1917 – Le poste de la roulante de la 8e compagnie du 2e bataillon, 130e RI.

 

 

 

1918 – L’équipe dans le poste de la roulante de la 8e compagnie du 2e bataillon, 130e RI.

 

 

 

 

1917 – La roulante de la 8e compagnie du 2e bataillon, 130e RI, en campagne.

 

 

 

1917 – Un puit dans une tranchée en Champagne.

 

 

1918 – Roulante de la 8e compagnie du 2e bataillon ,130e RI, la distribution du « rata »

 

 

 

 

 

 

1918 – L’équipe de la roulante, 8e compagnie du 2e bataillon 130e RI, au repos après la distribution.

 

 

 

Citation à l'ordre du régiment n° 38 du 22 juin 1918 :

« Au front depuis le début de la Campagne, soldat brave et courageux, d’un dévouement inlassable a contribué à assurer le ravitaillement de sa compagnie dans des circonstances particulièrement difficiles et sous de violents bombardements."

(Perthes, février 1915 – Champagne, septembre 1915 – Verdun, juillet 1916)

 

 

 

 

 

 

Livret militaire, page 4, campagnes, citation et distinction.

 

 

 

 

 

Croix de Guerre avec étoile de bronze, fourragère du 130e RI et drapeau d’une association.

 

 

 

 

1916 – Emmanuel et Marguerite Rouiller.

 

 

 

 

Emmanuel Rouiller est démobilisé le 19 juillet 1919 et rejoint son foyer où l’attendent son épouse et sa petite fille Emma, née le 28 août 1917 à Château-Gontier (Mayenne)

De retour à la vie civile, il reprend ses activités professionnelles et associatives (sports et théâtre) Le 15 octobre 1920, naît son fils Marcel à Champigné (Maine-et-Loire), prénom donné en mémoire de son frère.

En 1930, il quitte sa Mayenne natale pour monter à Paris. Ses enfants, Emma et Marcel, lui donnent trois petits-enfants, Jean-Claude en 1943, Jacques en 1946 et Michel en 1949.

En 1955, il prend sa retraite bien méritée, à Saint-Vrain (Seine-et-Oise, devenu 91), où il décéde le 28 août 1983, à l’âge de 94 ans.

 

Texte, photos et documents familles Rouiller-Piffret – Tous droits de reproduction réservés.

 

 

 

 



10/04/2011
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